Bonjour,

La " réforme des institutions" Sarkosi , catalogue de 40 mesures insignifiantes, a donc été adoptée par le Congrès de Versailles le 21 juillet 2008 à une voix près.  Le combat pour une république citoyenne et pour Le PACTE DEMOCRATIQUE , sur le blog associé, continuent.  Outre les occasions de promotion du Pacte  que nous ne manquerons d'utiliser, il est clair que l'échéance décisive du prochain combat constitutionnel est donc fixée à 2012, (élection présidentielle).
Par ailleurs, continuons l' action contre le cumul des mandats  
.
_____________________________________________________________________________________________

La réforme de 2008

Jeudi 19 janvier 2006 4 19 01 2006 17:56
petit Rappel;
« La Constitution de 1958, toujours en vigueur aujourd'hui, se distingue par sa longévité, bien que révisée à dix-neuf reprises depuis sa publication par le pouvoir constituant - soit par le Parlement réuni en congrès, soit directement par le peuple, à travers l'expression d'un référendum. Ces modifications répétées du texte constitutionnel nourrissent le débat actuel en faveur d'un changement radical : les uns plaidant pour un aménagement limité et les autres pour l'instauration d'une VIe République ».

En tout cas comme dirait le retraité de l'île de Ré dans son livre (Le monde tel que je le vois ) : 

 "le régime actuel est épuisé."   dixit Jospin

 

 

Ainsi, chaque jour nous apporte son lot d’interventions opportunistes réclamant de nouvelles modifications  ou se plaignant de réformes non tenues sur

-         la fonction présidentielle mais aussi son statut pénal

-         les pouvoirs du Parlement,

-         Le cumul des mandats (nombre et durée pour les mandats du Président, des députés,..)

-         Voire le statut de l’élu..

-         Le rôle et la représentativité du Sénat..

-         La parité et plus généralement la représentativité des élus

-         Les mode de scrutin et la reconnaissance du vote blanc.

-         Sur le droit de vote des étrangers

-         La force de la Cour des Comptes etc etc...

 Pour redonner un peu de vigueur à notre démocratie, il n’est pas possible d’attendre encore  une vingtaine de réformes ponctuelles qui se traîneront en longueur et qui s’évaporeront au fil du temps. Il semble que tous les moyens  sont mis en œuvre pour que rien ne change. Certains veulent même résoudre la question de l’abstention par une proposition de « vote obligatoire », et s’étonnent, dans le même mouvement, que les citoyens expriment leur défiance vis a vis du politique dans des votes de rejet et de mauvaise humeur.

 

Il y a tant et tant à faire pour redorer le blason de la vie publique, qu’une grande lessive institutionnelle s’impose.  Le moment des élections présidentielles est le moment idéal pour ouvrir ce grand débat démocratique.

 

 Les présidentiables doivent s’engager s’ils sont élus ;.

1)      sur une nécessaire réforme institutionnelle ( Démocratiser la Véme République,  établir une VI éme République …)

2)      sur la méthode envisagée pour installer cette réforme (Référendum global, mise en place d’une constituante …., débat citoyen…..).

 

Notre démocratie est mal en point ; Abstention record, exclusion politique,  indifférences ou extrémismes, votes de rejets ou de défiance … incivilités de certains acteurs publics qui ne croient plus à la démocratie représentative- 

Ce sont les politiques et plus particulièrement ceux qui ambitionnent les plus hautes fonctions, qui se doivent  de réagir et de proposer la démocratisation de notre vie politique et la rénovation de notre système démocratique.

 Nous les attendons sur ce terrain.

 

Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires - Recommander
Vendredi 2 juin 2006 5 02 06 2006 16:16

Voici donc le courrier que nous proposons d'envoyer à tous les candidats aux élections présidentielles. Comme nous pensons que le thème de la rénovation démocratique doit être au coeur des élections de 2007, ce texte nous conduit aussi à prendre l'engagement de voter pour le candidat qui l'aura accepté. Ce texte fera l'objet d'une mobilisation par internet.  (Les interrogations, avis et propositions sur ce texte sont les bienvenues). (Forum à votre disposition)


 

Engagement solennel des candidats

 aux élections présidentielles de 2007.

 

  • Considérant les graves interrogations sur la qualité de nos pratiques démocratiques et la nécessité de promouvoir le questionnement public et l’esprit civique dans notre vie politique,
  • Considérant les exigences de clarté, de responsabilité et de légitimité des mandats électifs,
  • Compte-tenu de la rigidité des modalités de révision de notre constitution, et des blocages institutionnels, et à défaut de changer de régime politique,

Je m’engage, en tant que candidat à l’élection présidentielle de 2007,

à soumettre aux électeurs français, dans les six mois de mon élection,

 

  1. Un référendum suivant la procédure de l’article 11 de la constitution, qui m’engage personnellement, et qui portera, au minimum, sur les rénovations suivantes (cumul des mandats, renouvellement des mandats et scrutin législatif)
  2. A l’organiser, pour un scrutin transparent et un constat clair de la volonté populaire, selon la procédure suivante de référendum à options. (l’option ayant la majorité relative est adoptée).

 

Question 1 : Cumul des mandats

(exception du mandat bénévole de conseiller municipal) 

Situation actuelle

Pour les citoyens favorables au statu quo.

Option N° 1

Mandat unique pour tous les élus

Les mandats de député, de sénateur, de parlementaire européen, de Conseiller Régional , de Conseiller Général, ne peuvent se cumuler qu’avec le simple mandat de conseiller municipal.

Option N° 2

Mandat unique, député et sénateur

 Tout élu national ne peut être titulaire que d’un seul mandat électif. Les élus locaux ne peuvent être titulaires, au plus, que de deux mandats et ne peuvent pas cumuler deux mandats exécutifs locaux.

Option N° 3

 

Question 2 : Renouvellement des mandats

(même exception, mandat bénévole de conseiller municipal)

Situation actuelle

Pour les citoyens favorables au statu quo.

Option

N° 1

Deux mandats successifs dans la même fonction

Nul ne peut être éligible à plus de deux mandats successifs pour la même fonction hormis celle de conseiller municipal.

Option

N° 2

Trois mandats successifs dans la même fonction 

Les députés, sénateurs, députés européens, et les membres d’un exécutif local, seulement,  ne peuvent exercer plus de trois mandats successifs dans la même fonction.

Option N° 3

 

Question 3 : Scrutin législatif 

Scrutin majoritaire uninominal, à deux tours (situation actuelle)

Option

N° 1

scrutin proportionnel (scrutin de liste)

Option

N° 2

Scrutin mixte; la moitié des députés au scrutin majoritaire à deux tours, la moitié au scrutin proportionnel

Option

N° 3

 

J’ai bien noté que mon engagement porte sur ces trois questions et que toutes les autres innovations susceptibles d’être proposées sur des éléments comme ceux-ci ; (référendum d’initiative populaire, réforme du sénat, existence du département,  éligibilité des fonctionnaires, durée des mandats, pouvoirs et fonctions du parlement et du Président etc…), même si elles sont souhaitables ne sont pas parties intégrantes de mon présent engagement.

Fait à...................................Le,...............................  signature du candidat


 

 

 

 

 

 

 

 

Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 3 juin 2006 6 03 06 2006 13:26

Précisions utiles

a)      c’est un engagement personnel d’organiser le référendum dans les six mois. Il ne peut pas y avoir d’échec du référendum. Ce n’est pas un référendum plébiscite puisque un choix est proposé aux  électeurs  (référendum à options). C’est un référendum constructeur.

b)      Utilisation de l’article 11 ;  le référendum constituant prévu par l'article 89 est inapplicable car il faut l'accord unanime des deux chambres. Le Sénat ne voudra jamais. Avec l’article 89, les Chambres ont un droit de veto constitutionnel. La seule possibilité est le référendum art 11, par lequel le président passe par dessus les assemblées pour saisir la volonté populaire. (cas de De Gaulle en 1962, pour l’élections du président au suffrage universel.

c)      Les trois points retenus sont fondamentaux.  (cumul des mandats, renouvellement des mandats, et scrutin). Ces trois éléments sont à même d’engager la résolution de la crise de démocratie représentative. La mutation institutionnelle ne se fera pas en un jour. d'ailleurs, la démocratie est un combat permanent et construire une constitution idéale n'est bien sûr pas un objectif.  Il faut définir aujourd'hui les éléments institutionnels qui déclencheront le mouvement et qui permettront par la suite des évolutions permanentes.  Eh bien, les seules questions déterminantes sont les modalités de désignation de nos représentants. Il s'agit donc, (du cumul des mandats, de leur  durée et renouvellement, et le choix du mode de scrutin)-  C'est la première étape puisque, par la suite ces représentants seront dans une meilleure position ( clarté de la représentativité, de la responsabilité, du mandat) pour faire évoluer, pour adapter les institutions selon les nécessités du moment. La mutation démocratique doit s'envisager dans la durée et la permanence du questionnement.

d)      Pour chacune de ces questions, il y a trois options. Une correspond au statu quo, il y a une option radicale et une option sur laquelle planchent de nombreux élus sans oser franchir le pas. Et bien offrons le choix à la décision des électeurs. C'est quand même eux qui sont légitimes.  L’option ayant obtenu la majorité relative est adoptée et intégrée dans la loi. Si on souhaite que le choix soit fait à la majorité absolue, il est possible de supprimer l’option du statu quo du choix offert. En effet, le président élu  et donc légitimé par le vote peut considérer que cette option est inutile puisque l’on souhaite un changement. Le choix restant n’ayant alors plus trait qu’à l’ampleur de ce changement

e)  Les trois raisons de l’exception du mandat municipal.

 

Ex de  proposition d’article :  "Les députés , sénateurs, conseillers régionaux, conseillers généraux ne peuvent remplir aucun autre mandat, mis à part celui de simple conseiller municipal."

 

1) Personne ne peut interdire à quiconque de s'intéresser et de participer à la vie politique de sa commune, cellule de base de la démocratie.

2) Le mandat de conseiller municipal est un mandat bénévole. De fait, c'est comme participer à la plus sacrée des associations locales au service de l'intérêt général.

3) Ce mandat de proximité, possible à tous, élus comme citoyens, enlève aux élus nationaux leur argument selon lequel ils seraient coupés du terrain

f)   Il s’agit d’une révision de la Vème République.  La loi peut changer ces trois points. Il s’agit d’une révision de la constitution. Ces trois points ne touchent pas à l'architecture des pouvoirs, mais met en place les conditions de résolution de la crise de la démocratie représentative. Ceci étant fait, avec de nouveaux représentants  on pourrait aller plus loin et poser la question constitutionnelle si les élus le souhaitent. Cependant, et bien évidemment le Président ou les candidats peuvent ajouter des modifications supplémentaires ou même prévoir une nouvelle constitution. Mais quoiqu’il en soit ces trois points doivent faire partie de leur proposition et sont parties intégrantes de leur présent engagement solennel. Que l’on conserve la V ou que l’on propose la VI République, ces éléments sont incontournables et nécessaires.

L’engagement de citoyen à voter pour le candidat qui accepte ce projet, est irrévocable et se double d’un engagement à le soutenir, et à mobiliser autour de ce projet. Bien entendu si plusieurs candidats le signent, notre choix se portera sur celui, parmi ceux là, qui aura le plus de chance d’être élu, étant bien entendu que cet appel n’est lancé qu’aux candidats de partis et mouvements non extrémistes.

Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 21 juillet 2007 6 21 07 2007 13:27

Nicolas Sarkosi, Président de la république, vient d'installer un COMITE DE REFLEXION ET DE PROPOSITION SUR LA MODERNISATION DES INSTITUTIONS.  Ce comité devra rendre ses conclusions au mois de novembre 2007. 

C'est donc un moment important de la vie démocratique de notre pays.  Il faut rappeler que le thème de la rénovation démocratique était présent dans tous les programmes des présidentiables et 9 postulants sur 12 souhaitaient l'instauration d'une VI éme république.  Une grand majorité prévoyait  soit la convocation d'une constituante, soit l'adoption des réformes par référendum . Nous y reviendrons 

Mais dès à présent, tous ceux qui souhaitent une rénovation profonde de la vie politique doivent s'investir dans ce combat.  

Dans ce premier article, alors que le comité de réflexion, vient d'être installé sous la présidence d'Edouard Balladur, et avant de réflechir à des actions citoyennes,  Il est bon de garder en mémoire et à disposition, les textes qui correspondent à la feuille de route de cette modernisation démocratique. LES VOICI DONC.


Allocution de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, lors de l'installation du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République.

Palais de l'Élysée, Paris, le mercredi 18 juillet 2007
Messieurs les Premiers ministres,
Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,
 
Il n'est jamais facile pour des institutions en place, et encore moins pour les hommes et les femmes qui les incarnent, de s'interroger en conscience sur les faiblesses de leur organisation et de leur fonctionnement. Dans l'histoire de nos institutions, la remise en cause est venue le plus souvent du fait de circonstances extérieures. Ce fut le cas notamment de la Troisième et de la Quatrième Républiques. Ces remises en cause furent précédées d'un affaiblissement profond de l'Etat et de la France, tant il est vrai que, dans notre pays, l'un va toujours avec l'autre. Elles provoquèrent des drames qui auraient pu être évités si les hommes qui conduisaient alors les institutions avaient eu la clairvoyance et le courage de changer d'eux-mêmes un système institutionnel qui les menait à leur perte.

Bien sûr, et fort heureusement, notre pays n'est pas aujourd'hui au bord d'un gouffre institutionnel. Le Président de la République, le Premier ministre, le gouvernement, avec la majorité présidentielle dont ils disposent au Parlement, ont les moyens d'entreprendre les réformes attendues des Français. Ferme et souple à la fois, la Constitution de la Cinquième République a des qualités qui ont permis à notre pays de traverser bien des crises. Elle respecte les principes de la démocratie et les principes de l'Etat de droit. Elle est fondée sur le régime de l'équilibre et de la séparation des pouvoirs tout en donnant au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif les moyens de coopérer pour diriger la Nation.

Pour autant, tout en reconnaissant à la Constitution voulue par le général de Gaulle ses mérites incomparables, c'est aussi le rôle de ceux auxquels le peuple a confié son destin, que de s'interroger sur la responsabilité de notre système institutionnel dans le développement de l'impuissance publique, dans le discrédit de l'action politique, dans les difficultés de l'Etat à se réformer, et dans la déresponsabilisation d'une partie des élites.

C'est le rôle des institutions de savoir s'adapter et se moderniser pour relever les défis du temps présent.

Les Français sont attachés à la Cinquième République, à son parlementarisme rationalisé, à son Président élu au suffrage universel direct. Ils savent les périls dont elle les a sauvés. Mais ils veulent aussi de profonds changements dans la façon de faire de la politique, et donc dans le fonctionnement des institutions : plus de transparence, plus de responsabilité, plus de modernité, plus de démocratie.

Ils veulent que l'autorité de l'Etat soit respectée. Ils veulent que les élus s'intéressent à leurs problèmes. Ils attendent des responsables publics qu'ils servent l'intérêt général, pas les intérêts particuliers. Ils aspirent au fond à une démocratie irréprochable, à une République exemplaire.

Loin de remettre en cause la pensée du fondateur de la Cinquième République, c'est au contraire lui être profondément fidèle que de réfléchir aux forces et aux faiblesses de nos institutions pour le monde d'aujourd'hui. Et ce serait, à l'inverse, lui être profondément infidèle que de ne pas le faire.

Le Général de Gaulle lui-même, soucieux de préparer l'avenir de la France pour les temps où il ne serait plus là, fit modifier en 1962 la Constitution et tenta également de le faire en 1969. Suivre son exemple, c'est autant se tourner vers l'ordre que vers le mouvement. (Pour rappel, De Gaulle avait en 1962 et 1969 choisit la voie référendaire pour modifier la consitution) 

C'est la raison pour laquelle, j'ai souhaité vous confier, Monsieur le Premier ministre, la présidence d'un comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage de nos institutions.

Beaucoup de raisons sont à l'origine de ce choix. Vous êtes un homme d'expérience et un homme d'Etat. Vous n'attendez plus rien pour vous-même de la vie publique et politique, sinon peut-être de servir encore votre pays avec le plus haut degré possible d'engagement et de désintéressement, comme vous le fîtes en vérité tout au long de votre carrière. Personne ne peut douter un instant de votre attachement profond à la Cinquième République aux destinées de laquelle vous avez veillé dans les postes les plus éminents.

Et en même temps, vous êtes un réformateur, un esprit profondément moderne, convaincu de la nécessité de faire évoluer nos institutions avant que le cours de l'histoire ne vienne à s'en charger lui-même. Nul ne peut contester que vous aurez à cœur de réfléchir à la modernisation et au rééquilibrage de nos institutions avec le seul désir de servir au mieux les intérêts de l'Etat et de la France.

Je vous remercie d'avoir accepté la lourde tâche de présider ce comité de révision constitutionnelle ; de même que je remercie tous ceux qui ont bien voulu vous rejoindre, en acceptant ce faisant, au nom des intérêts de notre pays et de notre République, de transcender tous les clivages et bien des préjugés.

Réformer la Constitution est une affaire sérieuse. C'est une affaire qui engage l'avenir au-delà d'un quinquennat. La majorité présidentielle aujourd'hui au pouvoir doit se sentir investie, dans cette tâche, du sort de tous les Français ; mais l'opposition également.

Je me félicite donc que des hommes et des femmes d'expérience, aux profils diversifiés, qui ont servi l'Etat, analysé et enseigné le droit, analysé et interprété la société, participent à cette entreprise, quelles que soient par ailleurs leurs idées politiques dès lors qu'elles sont républicaines. Cette diversité est en réalité une condition de la réussite de votre mission. Je note que c'est sans difficulté, Monsieur le Premier ministre, que nous nous sommes mis d'accord tous les deux sur la composition du comité et que chacun des membres pressentis a accepté notre proposition avec enthousiasme et sens du bien commun.

Dans quelles directions doivent évoluer nos institutions ?

Vous devrez d'abord vous interroger sereinement sur la question de la présidentialisation du régime.

Cette question est inévitable : la présidentialisation est une réalité. Elle est le résultat de l'élection au suffrage universel direct du Président, du quinquennat et de l'inversion du calendrier électoral. L'une des missions clé de votre comité est précisément la mise en cohérence de 20 années de réformes successives de nos institutions.

Bien sûr, le comité ne pourra pas ne pas se pencher sur l'articulation des pouvoirs entre le Président de la République et le Premier ministre ; mais cette question n'est pas dissociable de celle de l'articulation des responsabilités. Car, si le Président exerce une prééminence de fait au sein de l'exécutif, seul le gouvernement est responsable devant le Parlement.

C'est pourquoi, quelle que soit la réponse que le comité donnera à la question de la nature profonde du régime, l'important est que la réforme que vous proposerez conduise à plus de responsabilité dans l'exercice de l'action publique. Si la responsabilité du Premier ministre devant l'Assemblée nationale devait être maintenue, elle devrait être assumée pour ce qu'elle est : un mécanisme respectueux de notre tradition parlementaire. Elle ne saurait dédouaner le Président des responsabilités politiques qu'il a devant le peuple et devant le pays.

Aussi, le plus essentiel à mes yeux est-il d'abord que les pouvoirs du Président de la République s'exercent dans la transparence et qu'ils soient encadrés par de réels contrepouvoirs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

J'attends donc du comité, d'un côté, qu'il réfléchisse aux conditions dans lesquelles le Président pourrait venir expliquer lui-même sa politique devant le Parlement. J'attends qu'il me fasse également des propositions sur la transparence et le contrôle des comptes de la Présidence de la République : la Présidence de la République doit avoir les moyens de fonctionner tout en soumettant ses comptes à un contrôle extérieur.

Mais je souhaite aussi que le comité fasse des propositions sur la limitation du nombre des mandats du Président de la République et sur l'encadrement de son pouvoir de nomination par un système d'auditons publiques et de droit de véto du Parlement. Une République exemplaire, c'est une République où les plus hautes responsabilités sont conférées en fonction de la compétence, du mérite, de la hauteur de vue, et, par-dessus tout, du sens de l'Etat et du bien public.

Plus fondamentalement encore, le rééquilibrage de nos institutions suppose un renforcement très significatif des pouvoirs du Parlement. Cela fait des années qu'on en parle, le temps est venu de le faire. Le sujet est doublement important : à la fois pour créer un réel contrepouvoir au pouvoir de l'exécutif, et pour faire émerger, dans les rangs des parlementaires, l'élite politique capable de gouverner et de veiller à la modernisation du pays.

Je souhaite donc que le comité me fasse des propositions sur la fixation de l'ordre du jour, sur le nombre des commissions permanentes, sur la création d'un organisme d'audit et de contrôle, sur l'association du Parlement à la détermination de notre politique internationale, européenne et de défense, sur la revalorisation de la fonction parlementaire en lui donnant plus de moyens, plus de responsabilités, mais aussi plus d'obligations. La procédure parlementaire d'élaboration des lois devra être plus efficace, en échange de quoi la procédure de l'article 49.3 et le vote bloqué pourraient être éventuellement mieux encadrés. Les ministres et les secrétaires d'Etat devraient pouvoir retrouver leur siège de parlementaire lorsqu'ils quittent leurs fonctions gouvernementales. Cela permettrait d'avoir plus de renouvellement dans la composition des gouvernements.

La deuxième piste d'évolution de notre démocratie est à rechercher, me semble-t-il, dans la vitalité du débat politique.

Je veux dire les choses très simplement : ce qui a manqué, ces dernières années, à la vie politique française, ce qui explique le discrédit qui l'a progressivement gagnée, c'est l'absence de débat d'idées. Je suis pour que le débat des idées politiques en France soit plus riche, plus vigoureux, parce que la politique est ce qui fait vivre le peuple ensemble, parce que la politique est ce qui construit la Nation.

Cela suppose des partis politiques qui ont les moyens de fonctionner – j'ai toujours trouvé absurde la solution qui consiste à donner moins d'argent public au parti qui a perdu les élections.

Cela suppose ensuite et surtout de doter l'opposition d'un statut qui lui garantisse les moyens politiques, juridiques et financiers de pouvoir se conduire comme un contrepouvoir réel face à la majorité. Ce statut devra comprendre notamment des droits d'information, des droits protocolaires, le droit de créer une commission d'enquête. De même, que ce que nous avons fait librement, laisser la présidence de la commission des finances à l'opposition, devra être prévu dans le statut de l'opposition, car c'est une garantie d'une démocratie irréprochable.

Je suis convaincu que le statut de l'opposition sera un grand progrès pour l'exemplarité de notre République.

Depuis trop d'années, Mesdames et Messieurs, nous nous satisfaisons d'une justice qui a beaucoup plus de pouvoirs que le titre VIII de la Constitution ne lui en reconnaît, sans être pour autant, d'un côté, réellement indépendante, de l'autre, pleinement responsable. Cette question déborde le champ de la seule Constitution, mais c'est la Constitution qui fixe les principes de notre justice et nul ne peut contester que sans justice impartiale, il n'y a pas de République exemplaire.

Je veux aborder cette question sans blesser personne – l'immense majorité des magistrats fait son travail honnêtement – mais aussi sans faux semblant. Si ce n'est pas maintenant que nous en parlons, au début d'un nouveau quinquennat, au seuil d'une réflexion dont nous voulons qu'elle nous conduise à une démocratie irréprochable, quand pourrons-nous en parler ?

Depuis cinquante ans, la justice a beaucoup changé. Pour autant, les Français ont-ils le sentiment que la justice est indépendante ? La réponse est non. Ont-ils le sentiment qu'elle protège les innocents ? La réponse est non. Ont-ils le sentiment que, rendue en leur nom, elle est vraiment à leur écoute ? La réponse est encore non.

Une démocratie irréprochable, c'est une démocratie où une dénonciation anonyme est une dénonciation inexistante. Notre droit doit le prévoir. Une démocratie irréprochable, c'est une démocratie où le droit de faire grâce n'appartient pas à un homme seul. Le droit de grâce doit être réformé. Une démocratie irréprochable, c'est une démocratie où aucune considération autre que judiciaire n'intervient dans le déroulement des poursuites pénales. Je souhaite que le comité me fasse des propositions pour concilier cette garantie, qui est un droit élémentaire des justiciables, avec le devoir pour le gouvernement d'avoir une politique pénale. Une démocratie irréprochable, c'est enfin une démocratie où le Conseil supérieur de la magistrature assure ses missions en toute indépendance du pouvoir politique, mais sous le contrôle du peuple français. C'est pourquoi je souhaite que le comité me fasse des propositions sur la composition du Conseil supérieur de la magistrature.

Enfin, Mesdames et Messieurs, une démocratie irréprochable, c'est une démocratie qui progresse sans cesse dans le sens d'un renforcement des pouvoirs et des libertés conférés aux citoyens.

Votre comité devra s'interroger sur la capacité de nos institutions à refléter la diversité des préoccupations et des opinions des Français. Je souhaite que le Conseil économique et social soit modernisé, notamment pour prendre en compte la dimension écologique de notre développement économique. Je souhaite que le comité s'interroge sur l'opportunité d'un droit d'initiative populaire en matière législative. Je souhaite qu'il me fasse des propositions sur l'introduction d'une dose de représentation proportionnelle au niveau national aux élections sénatoriales ou législatives.

Il existe un débat sur l'avenir du Conseil constitutionnel : d'une part, sur la possibilité pour les citoyens de le saisir de la constitutionnalité des lois existantes, d'autre part, sur les conditions dans lesquelles ses membres sont désignés. Ces deux questions sont d'ailleurs en partie liées. Il appartiendra au comité de me faire ses recommandations sur ce sujet, sur lequel je suis pour ma part et en toute bonne foi hésitant.

Il en est de même s'agissant de l'article 16 de la Constitution, dont il n'est pas absurde de se demander s'il offre aujourd'hui des garanties suffisantes au regard de l'évolution des mœurs et du droit pour être réellement utilisable en cas de nécessité.

Enfin, à l'image de la Constitution allemande ou des principes fondamentaux qui régissent l'Union européenne, je considère que la sécurité juridique est devenue une liberté fondamentale. Nos concitoyens ont le droit d'être protégés contre les changements intempestifs de législation dans leur vie quotidienne, qu'il s'agisse de leurs choix patrimoniaux, familiaux, professionnels. J'attends du comité qu'il nous fasse des propositions efficaces pour un droit moins bavard, plus sûr, plus efficace, fondamentalement mieux respecté, le droit, en somme, d'une République exemplaire.

Telles sont les principales pistes de réflexion que j'ai souhaité, Monsieur le Premier ministre, Madame, Messieurs, confier à votre comité. Il en existe d'autres encore comme la question de la fixation – dans une loi organique – de la structure du gouvernement, ou l'obligation pour nos finances publiques de respecter une règle d'or et un taux maximum de prélèvements obligatoires. Préserver l'avenir des générations futures est assurément le rôle d'une République exemplaire.

Je souhaite naturellement que le comité se sente par ailleurs libre de nous faire toute autre recommandation utile.

S'agissant de la méthode, vous souhaitez, Monsieur le Premier ministre, que les débats qui auront nécessairement lieu au sein du comité demeurent confidentiels, charge à chacun des membres, au moment de la remise publique du rapport, de faire connaître son éventuelle opinion dissidente. Votre idée, et je la partage, est que le comité puisse dégager sereinement un noyau de propositions consensuelles et que chacun se sente libre, par ailleurs, de formuler d'autres propositions qui pourraient ne pas avoir l'assentiment de tous. Je suis favorable à cette façon de faire et je remercie chacun d'entre vous de respecter cette règle.

Elle ne me paraît pas incompatible, bien au contraire, avec le projet de donner par ailleurs une large publicité à l'avancement de vos travaux, aux auditions auxquelles vous procéderez, et de permettre à tous ceux qui le souhaitent, grâce aux moyens de communication moderne, de faire connaître leur opinion. Je partage là aussi pleinement cette ambition qui va dans le sens d'une démocratie plus transparente et plus ouverte. 


Conférence de presse conjointe de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, et de M. Edouard BALLADUR, ancien Premier ministre, lors de l'installation du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République.

 

Palais de l'Élysée, Paris, le mercredi 19 juillet 2007 M. EDOUARD BALLADUR – Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président, je tiens à vous remercier, comme je l'ai dit tout à l'heure au nom de tous les membres du comité, d'avoir bien voulu nous donner votre confiance pour étudier un problème extrêmement important, celui du fonctionnement de nos institutions, qui ont assuré à la France la solidité du pouvoir pendant un demi-siècle, mais qui doivent nécessairement être adaptées aux évolutions actuelles. 

Vous nous avez demandé d'étudier un très grand nombre de sujets. Nous allons bien entendu le faire, avec un esprit de liberté que vous nous avez également incité à prendre et à exercer. Liberté qui se manifestera d'abord dans les propositions que nous ferons, et ensuite peut-être dans d'autres propositions qui au fil de nos réflexions pourraient nous apparaître indispensables. 

Nous allons nous mettre au travail maintenant, et j'espère que nous serons en mesure de respecter le terme que vous nous avez fixé, c'est-à-dire à la fin du mois d'octobre pour présenter un rapport qui évoquerait un certain nombre de modifications, constitutionnelles et la modification d'un certain nombre de textes qui ne sont pas des textes constitutionnels et qu'il faudra modifier. Je sais par exemple que vous voulez, nous consulter sur le mode de scrutin. Sujet difficile et j'allais presque dire périlleux. Nous le ferons bien entendu. Voilà, Monsieur le Président, je n'ai pas grand-chose d'autre à ajouter sinon que nous sommes tous très sensibles à la confiance que vous nous faites et que nous aurons à cœur de répondre à votre attente. 

LE PRESIDENT - Merci, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président le texte que j'ai donné devant le comité est à la disposition des journalistes. Je voudrais dire à ceux qui s'étonneraient de la diversité de la composition du comité, que la Constitution c'est l'affaire de tous les Français mais pas de la majorité contre la minorité. Donc, cela aurait été curieux d'avoir un comité composé de gens pensant la même chose sur tous les sujets. La Constitution, c'est l'affaire de tout le monde.

Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 19 septembre 2007 3 19 09 2007 19:10
Selon un article de Libération .fr, du mercredi 19 septembre 2007, par Nathalie Raulin, le PS ne boycottera pas la réforme des constitution.  http://www.liberation.fr/actualite/politiques/279408.FR.php

EXTRAITS de l'article
" Mardi, le premier secrétaire du PS François Hollande et les présidents des deux groupes parlementaires, Jean-Marc Ayrault (Assemblée nationale) et Jean-Pierre Bel (Sénat), se rendront donc devant la commission Balladur pour faire part de leurs propositions." ... Pourtant ; En matière institutionnelle, l’unanimité est loin d’être la règle rue de Solférino.
«Même cette question simple : Faut-il changer de Constitution ou changer la Constitution ? n’est pas tranchée», a taquiné Robert Badinter.

«Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, Nicolas Sarkozy n’a pas besoin de la gauche pour modifier la Constitution,
précise le député Vallini. A eux tous, le PS, les Verts, les communistes, les radicaux et le MRC ne disposent pas au Parlement du tiers des sièges nécessaire pour bloquer ses ambitions De fait, entre Assemblée et Sénat, l’UMP, le centre (Modem, Nouveau centre et les sénateurs centristes) et les non-inscrits totalisent 550 voix soit 5 de plus que la majorité qualifiée des deux tiers requise au Congrès pour modifier la Constitution. 

l- e PS se fait le chantre du renforcement des droits des citoyens. Au menu : l’inscription dans la Constitution du droit de pétition, le référendum d’initiative citoyenne, l’indépendance de la justice et des journalistes et le droit de vote et d’éligibilité des étrangers non européens aux élections locales.Mais l’enjeu central reste la revalorisation du Parlement dans sa double mission législative et de contrôle. 

Le PS réclame la limitation de l’usage du 49-3 (vote engageant la responsabilité du gouvernement), la suppression du vote bloqué, une meilleure maîtrise de l’ordre du jour parlementaire. L’obligation d’assortir les projets de loi d’études d’impact, et la convocation des ministres qui n’auront pas publié dans les six mois les décrets d’application d’une loi votée sont aussi au programme. 
Un déverrouillage qui suppose également que les parlementaires ne puissent cumuler d’autres mandats et que les sensibilités du pays soit mieux représentées : d’où le souhait des socialistes d’introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée

Quelques précisions ;

1)  Il y a en tout 908 parlementaires ( 577 députés et 331 sénateurs). - Groupes socialistes (194 avec les apparentés à l'assemblée et 97 sénateurs) = 291 membres - autres Groupes, (communistes etc..) de gauche ; (24 à l'assemblée et 23 au sénat) = 47 membres soit un total de 338 parlementaires (socialistes et apparentés) 338 membres sur 908 ; Ca fait donc plus du tiers. Cependant il faut non pas 2/3 des votes mais 3/5éme des votes pour adopter une réforme institutionnelle lors du Congrès. une chose est du moins très claire c’est que la majorité présidentielle ne suffit pas pour faire passer la réforme.   Puisqu’elle ne réunit pas les 3/5 éme. Il y a 155 sénateurs UMP, 313 députés UMP, 8 députés apparentés Ump et 21 députés Nouveau Centre. Ce qui fait un total de 497 voix. Or les 3/5 éme de 908 correspondent à 545 votes.
Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 27 octobre 2007 6 27 10 2007 11:39
Le journal Le Monde vient de décliner, en avant première, les 77 propositions du Comité Balladur de réforme des institutions. Comme convenu, il s’agit d’une nouvelle étape vers une présidentialisation du régime. Le débat public peut s’ouvrir, alors même que vous venons d’apprendre que l’examen parlementaire, prévu au début de l’année, n’interviendra qu’après les élections municipales de mars 2008.
 
La présidentialisation rampante se poursuit, selon les vœux du Président Sarkosi. Le Président va maintenant «définir la politique de la nation» et le gouvernement se limitera à la «conduire ». Mais de fait, il ne s’agit que de confirmer une pratique induite par les réformes constitutionnelle précédentes. Hormis le cadeau offert à Sarkosi de pouvoir venir s’exprimer « gratuitement » devant le Parlement, cette présidentialisation « continue » donc, est contrebalancée par une revalorisation importante du Parlement, tant dans son droit à l’auto organisation, que dans ses fonctions de contrôle. Personne ne peut nier qu’il y a là des propositions fort intéressantes et réfléchies. "Le comité a unanimement estimé que cet aspect de sa mission revêtait un caractère fondamental" dit le rapport.
Le comité Balladur avec ses 77 propositions balaie tous les Titres de la constitution et il faut s’arrêter sur quelques unes pour bien mesurer les avancées, loin d’être négligeables de la réforme préconisée.
 
Des avancées démocratiques importantes.
 
Et en premier la fin du cumul des mandats pour les parlementaires. C’est la proposition (N°56.). Elle est intitulée justement et intelligemment ; « Disponibilité des parlementaires », et prévoie d’Interdire tout cumul entre un mandat parlementaire et une fonction exécutive locale. Si « locale » signifie aussi « départementale et régionale », l’adoption d’une telle mesure serait un pas gigantesque et à elle seule elle mériterait d’emporter le OUI à la réforme.
 
En que concerne l’introduction d’une dose de proportionnelle, il serait prévu « disposition (N°62) », de proposer l’élection de 20 à 30 députés pour assurer la représentation des formations politiques minoritairesNous rappelons que le PS préconisait un chiffre avoisinant les 60 députés et le Modem près de 50 % des députés élus selon ce mode proportionnel.
 
La proposition (N°67) introduit de fait le référendum d’initiative populaire par une modification de l’art 11 de la constitution. Les conditions d’exercice sont draconiennes (1/5 des parlementaires et 1/10 des électeurs inscrits ; c’est énorme), mais de fait le RIC fait son apparition dans la constitution.
 
Une nouvelle rédaction de l’article 89 relatif à la révision de la constitution est proposée qui rend semble t’il obligatoire le recours au référendum pour son approbation. Proposition (N°12)"(…) Lorsque le projet ou la proposition de révision a été voté par les deux Assemblées en termes identiques, la révision est définitive après avoir été approuvée par un référendum organisé dans les six mois par le président de la République (…).", complétée par la proposition (N° 68) stipulant qu' « en cas de refus de révision constitutionnelle par l'une des deux assemblées tandis que l'autre a adopté le texte à la majorité des trois-cinquièmes, il soit organisé un référendum de telle sorte que le peuple souverain soit appelé à trancher ».
 
Enfin en ce qui concerne le Comité Economique et Social (proposition N° 65), le Conseil Supérieur de la Magistrature (N°69 et 70), Le Conseil Constitutionnel,(N° 75) des mesures pertinentes sont préconisées pour assurer une modernisation ou une indépendance des membres et des organismes. 
 
 
Sauf erreur de transcription par le journal le Monde mais une dépêche de l’AP (vendredi 26 à 15 H par Emmanuel Georges Picot PARIS) - Possibilité pour le président d'intervenir devant le Parlement, interdiction du cumul des mandats, introduction d'une dose de proportionnelle pour l'élection des députés: telles sont les propositions-phares du rapport Balladur sur la réforme des institutions, publiées vendredi par "Le Monde" et confirmées à l'Associated Press par trois membres de la commission ( …),  ce rapport présente, à mon avis, des avancées déterminantes. J’en retiens une plus particulièrement car elle fonde le combat que nous menons depuis maintenant plus de deux ans sur le blog Changer la République et qui concerne le cumul des mandats des parlementaires. Nous ne méconnaissons pas les obstacles qui peuvent être dressés sur le chemin de l’adoption de cette proposition de la part des élus et des partis, mais le simple fait qu’elle soit mentionnée officiellement et expressément dans ce rapport officiel est déjà très satisfaisant. Monsieur Balladur avait annoncé que seules les propositions faisant consensus dans sa commission seraient retenues dans le rapport. Il serait tout à fait indécent que les élus fassent barrage à cette proposition, d’autant que les citoyens ne le comprendraient pas. Mais pour dépasser les blocages éventuels, il serait peut être judicieux ou nécessaire aux tenants de cette réforme d’en appeler par référendum à la souveraineté populaire.
 
Il est clair que l’étude du projet ne sera pas de tout repos. D’ailleurs la discussion sur le projet, prévue au mois de janvier est déjà reportée après les élections de mars 2008. Mais déjà le débat est lancé ; Monsieur Bayrou, par exemple vient de déclarer dépêche Reuters de ce jour ; «Tout projet de loi de réforme de la Constitution doit être adopté dans les mêmes termes par les deux assemblées puis ensuite, pour son adoption définitive, soumis à référendum ou au Parlement réuni en Congrès à Versailles, où la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés est nécessaire.
"Il y a beaucoup de points sur lesquels je suis d'accord mais pas du tout sur les choix essentiels", a-t-il dit en citant la possibilité pour le président de la République de venir s'exprimer devant l'Assemblée ou le Sénat sans qu'un débat puisse suivre ou bien encore la "pseudo réforme électorale". Pour le président de l'UDF-MODEM, "l'ensemble" du projet de réforme tel qu'il apparaît aujourd'hui dans la presse "est inacceptable ».
 
Il est, à ce sujet, nécessaire de rappeler que le débat démocratique est un combat permanent et qu'il est des avancées particulières, telle celle sur le cumul des mandats, qui ouvrent des perspectives. En effet, avec des élus responsables, légitimes dans leurs fonctions, présents dans l’hémicycle et reconnus pour leur rôle spécifique, le parlement prendra aussi de ce fait une nouvelle dimension. Nous avons nous aussi un gros travail à effectuer pour participer à l’adoption des mesures qui nous tiennent à cœur et les préciser.
Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 14 février 2008 4 14 02 2008 17:46
La démocratie "irréprochable" a du plomb dans l'aile... 

Dépêche Reuters - jeudi 14 février 2008.  PARIS (Par Emile Picy Reuters) 
Vers une réforme moins importante que prévue des institutions

La grande réforme des institutions promise par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle a déjà perdu en cours de route plusieurs de ses propositions initiales phares.D'abord envisagée en décembre puis en janvier, la réforme institutionnelle a finalement été reportée au printemps, au lendemain des municipales. 

Nicolas Sarkozy avait mis en place le 17 juillet dernier un comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vè République présidée par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur (UMP) et comprenant plusieurs personnalités de gauche comme l'ancien ministre socialiste Jack Lang. 

D'abandons en abandons.....
Ce comité a remis son rapport fin octobre à l'Elysée et le 13 novembre Nicolas Sarkozy a adressé à son Premier ministre, François Fillon, une "lettre d'orientation" qui, déjà, excluait une modification des articles 5, 20 et 21 de la Constitution sur la répartition des rôles entre le chef de l'Etat, le Premier ministre et le gouvernement.  Matignon a ensuite présenté le 19 décembre une version de la réforme allégée de plusieurs dispositions comme l'interdiction ou la limitation des mandats électifs ou l'introduction d'une dose de proportionnelle pour les législatives. L'avant projet de loi reprenait une proposition permettant au chef de l'Etat de "prendre la parole" devant l'Assemblée nationale ou le Sénat ou devant les deux chambres réunies en Congrès à Versailles.

 "PAS LA PIERRE ANGULAIRE". Une mesure vivement dénoncée par la gauche et plus particulièrement par les socialistes. "Si la réforme n'est qu'un élément pour permettre au président de la République de disposer, en plus de tout ce dont il a déjà, du droit de venir devant le Parlement, nous aurons une attitude de refus de la réforme", a averti à maintes reprises François Hollande, le premier secrétaire du PS. Un refus relayé par tous les responsables socialistes dont les présidents des groupes à l'Assemblée et au Sénat. "Il s'agit au mieux d'un instrument supplémentaire de communication présidentielle", affirme Jean-Pierre Bel, président du groupe PS de la haute-assemblée.  Le président du Sénat, Christian Poncelet (UMP), est réservé sur cette mesure. "Je suis hostile à ce que le président de la République vienne devant les assemblées séparément et davantage encore qu'il engage un débat", déclare-t-il. "Par contre, faire une communication devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles, c'est différent", juge-t-il.  Son homologue de l'Assemblée, Bernard Accoyer (UMP), longtemps favorable à cette mesure, est maintenant moins affirmatif. "C'est une bonne chose mais je ne pense pas que ce soit la pierre angulaire de la réforme", a-t-il déclaré il y a quelque jours.  "Cette disposition va passer à la trappe", déclare un député UMP. "Face à l'hostilité des socialistes, c'est la seule façon de débloquer la procédure et de parvenir à une réforme des institutions, même à minima", ajoute-t-il.  
"C'est comme pour le rapport Attali", renchérit un autre élu de la majorité. "Il est temps d'examiner cette réforme car il ne va plus en rester grand chose. Surtout si les municipales sont mauvaises pour nous". 

DEPUIS MARS 1873. L'exécutif et sa majorité semblent avoir tiré les conséquences du refus catégorique des socialistes de la présence du chef de l'Etat dans les assemblées.  Pour que la réforme soit adoptée, la voie référendaire étant exclue par l'exécutif, il lui faut obtenir une majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés au Congrès. Une majorité impossible à attendre sans le soutien des socialistes. Depuis le 13 mars 1873, par une décision prise par les monarchistes contre le président Adolphe Thiers, le président de la République n'a pas le droit d'entrer au Parlement.  L'article 18 de la Constitution de la Vè République dispose que le chef de l'Etat "communique avec les deux assemblées du Parlement par des messages qu'il fait lire et qui ne donnent lieu à aucun débat". Cette procédure est rarement utilisée. Jacques Chirac en avait usé en juillet 2002 au lendemain de sa réélection à l'Elysée et du retour de la droite aux affaires. Le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, a annoncé il y quelques jours qu'un projet de loi sur la réforme des institutions pourrait être soumis "début avril" au Parlement. Le président de l'Assemblée "espère" que la réforme, composée pour l'essentiel de mesures visant à "revaloriser" le Parlement, sera votée au printemps

de revisions en revisions..
Deux autres groupes de travail mis en place à la demande de l'Elysée "planchent" également sur une révision de la Constitution. Celui présidé par Simone Veil, installé le 8 janvier, prépare une réforme du préambule. Celui présidé par Pierre Mazeaud, créé le 20 janvier, travaille sur "l'éventualité de modifications constitutionnelles destinées à mener à bien la transformation de la politique française de l'immigration". Ces propositions, si elles débouchent sur un texte, seront-elles intégrées dans la réforme issue du comité Balladur ?. C'est ce que souhaite Roger Karoutchi afin d'éviter des convocations à répétition du Parlement en Congrès à Versailles. Bernard Accoyer est, lui, contre un "couplage" car il souhaite que la réforme des institutions "intervienne le plus vite possible" afin que "le travail législatif et le fonctionnement des institutions soient améliorés".
____________________________

Il faut bien reconnaître que l'on commence a brasser de l'air tout azimut en France. 

Il ne faudrait pas non plus oublier la commission Attali qui  a proposé dans ces 360 propositions, une qui concerne les institutions et qui remet sur la sellette  l'existence des Départements.  De fait , on fait tout, n'importe quoi , dans n'importe quel sens.

Eh bien entendu,  tout ce bruits pour un résultat pour ainsi dire nul.  C'est à mon avis une raison suffisdante pour voter non lors du congrés de revision au printemps et pour reclamer un référendum sur la revision de la constitutiton.  Car en plus il faut rappeler  le déni ddémocratique infligé à notre population par le votre du Traité de Lisbonne par le parlement.    

le ras le bol commence a devenir pesant.


Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 10 avril 2008 4 10 04 2008 12:33
Les principales mesures de l'avant-projet de loi constitutionnelle

article du   MONDE.FR     du 7 avril 2008

L'examen du projet de loi constitutionnelle réformant les institutions devrait commencer à l'Assemblée nationale le 20 mai. Le gouvernement espère qu'il pourra être adopté en Congrès, le 7 juillet. Voici ce que propose l'avant-projet de loi qui a été transmis au Conseil d'Etat. L'article 1er indique qu'une loi précisera "les droits respectifs des partis et groupements politiques qui ont déclaré appartenir à la majorité qui soutient le gouvernement et ceux qui ne l'ont pas déclaré".

EXÉCUTIF

Président de la République. Il ne peut accomplir plus de deux mandats successifs (art. 2). Certaines nominations sont soumises à l'avis d'une commission de parlementaires (art. 4). Le chef de l'Etat peut "prendre la parole devant le Parlement réuni en Congrès ou l'une ou l'autre de ses assemblées. Son allocution peut donner lieu, hors sa présence, à un débat qui n'est suivi d'aucun vote" (art. 7). La prorogation de l'état d'urgence au-delà de douze jours doit être autorisée par la loi (art. 14).

Gouvernement. Le nombre maximum de ministres est fixé par une loi organique (art. 3). Le gouvernement n'est plus "responsable de la défense nationale" mais "met en oeuvre les décisions prises" par le président de la République (art. 8).

PARLEMENT

Le Parlement "vote la loi, contrôle l'action du gouvernement et concourt à l'évaluation des politiques publiques". La représentation des collectivités territoriales au Sénat est assurée "en fonction de leur population". Les Français établis hors de France sont représentés à l'Assemblée nationale (art. 9). Les parlementaires peuvent être remplacés temporairement pendant l'exercice de fonctions gouvernementales.

Redécoupage. Le redécoupage des circonscriptions et la répartition des sièges de députés et de sénateurs sont soumis à une commission indépendante (art. 10).

Commissions. Le nombre de commissions permanentes de chaque assemblée est limité à 8, contre 6 actuellement (art. 18). Leurs auditions sont publiques, sauf décision contraire (art. 11).

Séances. La discussion des projets de loi en séance porte sur le texte adopté en commission et non plus sur le texte transmis par le gouvernement. Elle ne peut intervenir qu'après un délai d'un mois suivant le dépôt du texte, quinze jours en cas de déclaration d'urgence (art. 17 et 21).

Ordre du jour. L'ordre du jour des Assemblées, hors projets de loi de financement, est partagé entre les textes inscrits à la demande du gouvernement et ceux dont l'inscription est décidée par la conférence des présidents. Un jour de séance par mois est réservé à l'examen des textes proposés par l'opposition. Les séances de question au gouvernement ont également lieu pendant les sessions extraordinaires (art. 22).

L'engagement de responsabilité du gouvernement sur un texte de loi - art. 49-3 de la Constitution - est limité aux projets de loi de financement et à un autre texte par session (art. 23). La conférence des présidents de chacune des deux assemblées peut s'opposer à la déclaration d'urgence du gouvernement sur un texte de loi (art. 20).

Politique étrangère. Le Parlement doit être informé "dans les plus brefs délais" de toute intervention des forces armées à l'extérieur. Si la durée de l'intervention excède six mois, sa prolongation doit être autorisée par le Parlement (art. 13).

INSTITUTIONS ET CITOYENS

Conseil constitutionnel. Le Conseil constitutionnel peut être saisi par les présidents des assemblées ou par soixante députés ou sénateurs au bout de trente jours d'exercice des pouvoirs exceptionnels accordés au président de la République au titre de l'article 16 de la Constitution (art. 5). Possibilité de saisine directe à la demande d'un justiciable (art. 26).

CSM. Le président de la République et le garde des sceaux ne font plus partie du Conseil supérieur de la magistrature (art. 28).

CES. Le Conseil économique et social peut être saisi par voie de pétition (art. 29). Il est consulté sur les projets de loi portant sur la préservation de l'environnement (art. 30).

Droits des citoyens. "Toute personne s'estimant lésée par le fonctionnement d'un service public peut adresser une réclamation" à un défenseur des droits du citoyen, nommé par le président de la République pour un mandat de six ans non renouvelable (art. 31).

UNION EUROPÉENNE

Un comité chargé des affaires européennes est institué au sein de chaque Assemblée (art. 32). Pour la ratification de l'adhésion d'un Etat à l'Union européenne, le président de la République a la faculté de choisir entre référendum et vote du Parlement réuni en Congrès (art. 33).
Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mardi 6 mai 2008 2 06 05 2008 11:05

Il fallait s'y attendre, dans cette affaire institutionnelle, vers la démocratie irréprochable de Sarkosi, les élus de gauche préparent leur trahison démocratique.   Montebourg parle d'un compromis bi-partisan, comme si la constitution était affaire de partis.

Elle est affaire de citoyens  (article 2 et 3  "par le peuple et pour le peuple").

- l’article  2 de la constitution  «  Son principe est : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. ». et
- selon l’article 3 «  La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum. Aucune section du peuple ni aucun individu ne peut s'en attribuer l'exercice. ».

Or sur des points essentiels, le PS, les autres partis de gauche, et le Modem son en train de renier leurs projets présidentiels qui, nous l'espérons, exprimaient leurs convictions démocratiques.

- 1) Trahison sur le renoncement au référendum de revision ( prévu dans le projet présidentiel de tous les candidats de gauche).

- 2) Trahison sur le non cumul des mandats,

- 3) Trahison sur la dose de proportionnelle, la réforme du sénat),

- 4) Trahison sur la démocratie participative (dixit les "citoyens experts")qui, pour le moins conduit à demander l'avis du citoyen, du peuple....

le PS, et les élus de gauche doivent se ressaisir et refuser cette réforme "en peau de lapin" afin de permettre l'ouverture d'un vrai débat public. 

Se souviennent'ils seulement, qu'il est aussi prévu de refonder le préambule de la constitution, de supprimer les départements ( texte UMP sur le rapport Attali), de modifier les modalités de l'élection des conseillers régionaux.).

Notre démocratie va subir une profonde modification touche aprés touche,  et les citoyens n'auraient pas leur mot à dire ?

Après le {{Viol de la démocratie}} lors de l'adoption du traité de Lisbonne, les élus s'amusent avec le texte fondamental de notre société dite démocratique. 

Nous devons signer et faire signer l'appel de Rénovation démocratique.org sur le site  http://www.renovation-democratique.org/index.php {{pour un débat public et un référendum sur la réforme.}}

http://changerlarepublique.over-blog.com

Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Jeudi 15 mai 2008 4 15 05 2008 08:55
Texte  du site ;   Alter-réforme constitutionnelle ; une autre république est possible.
http://altercomite.c6r.fr/?p=117#comment-88 

Enfin on retrouve la C6R, après les changements de conviction de Montebourg .(cumul des mandats et compromis bi-partisan...).    Ce texte est trés important.  Bravo à la C6R.

1. Les dérives présidentialistes de la Ve République sont renforcées

Le projet accentue le déséquilibre de notre régime au profit du Président de la République. Sous couvert de responsabiliser politiquement le Président, ce qui est juridiquement faux, le texte lui permet de dicter directement ses projets à un Parlement qui demeure dans une situation de soumission institutionnelle. Le Président de la République accroît encore son pouvoir gouvernant au détriment du Premier ministre sans en subir la contrepartie : le contrôle parlementaire. C’est le cas, particulièrement emblématique, de la politique de Défense.

Le projet ne s’attaque pas aux mécanismes institutionnels à la source des dérives de la Ve République : irresponsabilité du Président de la République alors même qu’il gouverne, rôle mineur du Parlement dans son contrôle des gouvernants et dans l’évaluation des politiques publiques, faible représentativité et absence de renouvellement des élites politiques (en raison, notamment du cumul des mandats et des modes de scrutin), etc.

2. Les « avancées » en faveur du Parlement sont mineures ou inconsistantes, quand elles ne sont pas des leurres

Même si on note quelques « avancées » en faveur du Parlement (notamment l’augmentation du nombre de commissions parlementaires, le partage de l’ordre du jour avec le gouvernement et la discussion des textes adoptés en commission), le projet ne bouleverse pas fondamentalement le système de la Ve République, faute notamment de reconnaître un véritable rôle d’initiative et de contrôle à l’opposition parlementaire, et contient nombre de dispositions (comme sur le droit d’amendement) potentiellement dangereuses pour les parlementaires.

Bon nombre des mesures censées limiter les pouvoirs du gouvernement sont des leurres.
C’est le cas, très significatif, de la prétendue limitation du recours à l’article 49/3 par le Premier ministre (qui permet à ce dernier de faire adopter une loi sans vote à l’Assemblée nationale), qui ne peut plus être utilisé que pour le textes de finances et de financement de la sécurité sociale, et un autre texte par session parlementaire. En réalité, l’expérience des dix dernières années montre que les gouvernements successifs ont utilisé cette possibilité moins d’une fois par session. L’effet de cette réforme serait donc absolument nul, alors que beaucoup de bruit est fait sur cette prétendue avancée.

C’est le cas aussi du prétendu contrôle parlementaire sur les nominations présidentielles (réalisé par une commission ad hoc contrôlée par la majorité parlementaire) ou sur les opérations militaires extérieures (alors que le Parlement n’a toujours pas le droit d’être informé des accords de défense avec nos partenaires étrangers).

3. Notre Constitution est toujours aussi peu citoyenne

Le Conseil constitutionnel (dont la composition politicienne est inchangée) peut être saisi par les justiciables (mais pas le Conseil supérieur de la magistrature), un « défenseur des droits des citoyens » est institué (mais ses attributions sont floues et pourraient masquer l’affaiblissement d’institutions existantes, comme la CNIL) : les progrès sont bien maigres. Le projet enterre des questions autrement importantes : le référendum d’initiative populaire, l’initiative législative citoyenne, le droit de vote des étrangers, etc. Il refuse de traiter un enjeu essentiel : le pluralisme dans les médias.

4. De façon générale, les dispositions du projet sont imprécises et floues, ou renvoient à des textes ultérieurs dont on ignore les orientations

Le projet ne contient pas la réforme, il la promet. L’attention médiatique est attirée sur ce texte, qui fait de très nombreux renvois à des lois organiques ou ordinaires, voire aux règlements des assemblée. Or on ignore tout des décisions qui seront prises, de leurs orientations et de leur contenu.

Le projet est en fait un blanc-seing accordé au gouvernement et à sa majorité l’autorisant à réformer les institutions, sans aucune garantie quant à ses intentions réelles.

5. Les principales anomalies démocratiques ne sont pas corrigées

C’est le cas d’abord du Sénat qui, en raison de son mode de désignation, ne représente absolument pas la nation française alors qu’il possède le pouvoir de bloquer la modernisation de nos institutions. Il est urgent de réformer le mode d’élection des sénateurs pour faire du Sénat une assemblée véritablement représentative et efficace, et mettre fin à son pouvoir de veto, mais aussi de repenser la question du bicamérisme, or le projet n’avance pas d’un centimètre dans cette direction.

C’est le cas, ensuite, du cumul des mandats. 85% des parlementaires français cumulent plusieurs mandats, contre 10% en Allemagne et 13% en Grande-Bretagne. Or le cumul de plusieurs mandats, au-delà de la question morale qu’il pose (l’élu qui ne se consacre pas pleinement au mandat qui lui a été confié par les électeurs ne trahit-il pas leur confiance ?), est un obstacle majeur à la modernisation politique de notre pays. Le cumul empêche en effet le renouvellement des personnels politiques et, partant, des idées et programmes. Il permet la création de véritables fiefs reposant sur le clientélisme.
Le cumul rend aussi le travail parlementaire moins efficace. Les parlementaires sont en effet contraints de diviser leur temps et leur travail entre plusieurs fonctions et, de fait, négligent souvent le travail parlementaire au profit de leurs mandats locaux. Conséquences : l’action gouvernementale n’est pas bien contrôlée, les lois sont mauvaises, les électeurs sont infantilisés.

Conclusion

Le projet manque d’ambition lorsqu’il s’agit de renforcer l’efficacité et les pouvoirs du Parlement (mais aussi pour penser l’insertion de la France dans l’Union européenne ou encore la démocratie locale).

Si elle ne modernise pas rapidement ses institutions, la France risque de manquer les grandes opportunités qui vont se présenter à elle dans les années à venir. Les problèmes de gouvernance et d’institutions qui paralysent souvent l’action politique, économique et sociale ne sont pas une fatalité, il convient d’y apporter une réponse rapide et réfléchie.

La Convention pour la 6ème République offre son expertise et ses propositions pour alimenter le débat public et corriger le projet constitutionnel avant son adoption.


Par candidat 007 - Publié dans : La réforme de 2008
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Recommander

W3C

  • Flux RSS des articles
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus