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Bonjour.  Le projet Sarkosi de République (irréprochable ??) sera présenté pour une première lecture au parlement vers le 20 Mai 2008. Le gouvernement espère réunir le Congrés à Versailles le 7 JUILLET 2008 pour reviser la constitution. 
 
Ce projet détaillé,  ici  ,  a laissé tomber les mesures relatives aux modes de scrutin - CUMUL DES MANDATS ET FONCTIONS, et PROPORTIONNELLE- . Mesures exigées par le Comité Balladur pour construire une democratie moderne.  Ile ne faut pas accepter ce projet qui est un véritable leurre et un simple "ravalement de façade".  Toute revision de la constitution doit être obligatoirement soumis au peuple souverain par référendum. C'est aussi une exigence démocratie.

Signez la pétition  contre le Cumul des mandats;      http://oeuvrer.org/

(Il est important de rassembler nos signatures sur une seule pétition)


Dimanche 23 septembre 2007
Au mois de janvier 2008, s'appuyant sur un rapport de la commission Balladur au mois d'octobre 2007, un projet de réforme de la constitution est prévu. Nous savons fort bien que cette réforme devrait selon Sarkosi  et cette commission Balladur emrpunter la voix parlementaire ( vote au congrès).  Ceci n'est pas à la hauteur de la crise démocratique que connaît notre régime depuis trés longtemps. Tous les démocrates doivent saisir cette opportunité pour contrer le projet Sarkosi de démocratie "sensément irréprochable".

La responsabilité des « constitutionnalistes ».
 
  • a) l'UMP et les députés du Nouveau Centre n'ont pas les 3 /5 eme des votes au Congrès.  ( de plus les députés UDF du Nouveau Centre soutenaient le projet Bayrou de Sixième république) Il faut donc les envoyer dans leurs contradictions.
  • b) "Si l'on établit un parallélisme avec le droit constitutionnel jurisprudentiel en matière d'amendement législatif, on peut être conduit à écarter toute révision qui aurait pour but non pas simplement de réviser la constitution, mais bien d'en établir une nouvelle.  Autrement dit, il faut clairement distinguer la révision constitutionnelle qui relève du pouvoir constituant dérivé ( art 89 de la constitution), et l'établissement d'une nouvelle constitution qui fait référence au pouvoir constituant originaire. C’est a dire dépendant de la souveraineté populaire " in "Droit Politique et Constitutionnel " de Joël Mekhantar. (page 325).


De ce point de vue il faut se demander si les révisions constitutionnelles prévues par Sarko ( modifications des pouvoirs du président, du premier ministre, du Parlement  et j'en passe..) ne constituent pas une nouvelle constitution.  Et dans ce cas, il faut refuser la modification par l'article 89 ( vote au congrès) et demander au minimum un référendum.

Or , il est évident que Sarko veut nous envoyer dans une constitution clairement présidentielle, ou hyper présidentielle comme l'on dit;  notre constitution va changer de nature. (reste à le démontrer et à l'exposer juridiquement. ; à cet égard, on peut rester interdits devant l'inaction de nos constitutionnalistes (dont la France se dit si fière)

 
La responsabilité démocratique de la Gauche parlementaire.

La Gauche a donc au minimum deux raisons pour boycotter cette reforme et faire le maximum, pour faire en sorte qu'un vrai débat constitutionnel public s'engage. Refuser le vote par le Congrès, demander un référendum.
Si cette "Gauche parlementaire" actuelle ne le fait pas, il faudra décidément tirer un trait définitif sur elle, parce que quand tout est perdu il reste au minimum, le combat pour la démocratie. Mais si même celui là ne trouve aucun écho dans la gauche parlementaire actuelle, alors il ne restera que le rejet total de ces "élites" dites démocratiques.
par candidat 007 publié dans : projet et arguments
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Mercredi 19 septembre 2007
Selon un article de Libération .fr, du mercredi 19 septembre 2007, par Nathalie Raulin, le PS ne boycottera pas la réforme des constitution.  http://www.liberation.fr/actualite/politiques/279408.FR.php

EXTRAITS de l'article
" Mardi, le premier secrétaire du PS François Hollande et les présidents des deux groupes parlementaires, Jean-Marc Ayrault (Assemblée nationale) et Jean-Pierre Bel (Sénat), se rendront donc devant la commission Balladur pour faire part de leurs propositions." ... Pourtant ; En matière institutionnelle, l’unanimité est loin d’être la règle rue de Solférino.
«Même cette question simple : Faut-il changer de Constitution ou changer la Constitution ? n’est pas tranchée», a taquiné Robert Badinter.

«Contrairement à ce que croient beaucoup de gens, Nicolas Sarkozy n’a pas besoin de la gauche pour modifier la Constitution,
précise le député Vallini. A eux tous, le PS, les Verts, les communistes, les radicaux et le MRC ne disposent pas au Parlement du tiers des sièges nécessaire pour bloquer ses ambitions De fait, entre Assemblée et Sénat, l’UMP, le centre (Modem, Nouveau centre et les sénateurs centristes) et les non-inscrits totalisent 550 voix soit 5 de plus que la majorité qualifiée des deux tiers requise au Congrès pour modifier la Constitution. 

l- e PS se fait le chantre du renforcement des droits des citoyens. Au menu : l’inscription dans la Constitution du droit de pétition, le référendum d’initiative citoyenne, l’indépendance de la justice et des journalistes et le droit de vote et d’éligibilité des étrangers non européens aux élections locales.Mais l’enjeu central reste la revalorisation du Parlement dans sa double mission législative et de contrôle. 

Le PS réclame la limitation de l’usage du 49-3 (vote engageant la responsabilité du gouvernement), la suppression du vote bloqué, une meilleure maîtrise de l’ordre du jour parlementaire. L’obligation d’assortir les projets de loi d’études d’impact, et la convocation des ministres qui n’auront pas publié dans les six mois les décrets d’application d’une loi votée sont aussi au programme. 
Un déverrouillage qui suppose également que les parlementaires ne puissent cumuler d’autres mandats et que les sensibilités du pays soit mieux représentées : d’où le souhait des socialistes d’introduire une dose de proportionnelle à l’Assemblée

Quelques précisions ;

1)  Il y a en tout 908 parlementaires ( 577 députés et 331 sénateurs). - Groupes socialistes (194 avec les apparentés à l'assemblée et 97 sénateurs) = 291 membres - autres Groupes, (communistes etc..) de gauche ; (24 à l'assemblée et 23 au sénat) = 47 membres soit un total de 338 parlementaires (socialistes et apparentés) 338 membres sur 908 ; Ca fait donc plus du tiers. Cependant il faut non pas 2/3 des votes mais 3/5éme des votes pour adopter une réforme institutionnelle lors du Congrès. une chose est du moins très claire c’est que la majorité présidentielle ne suffit pas pour faire passer la réforme.   Puisqu’elle ne réunit pas les 3/5 éme. Il y a 155 sénateurs UMP, 313 députés UMP, 8 députés apparentés Ump et 21 députés Nouveau Centre. Ce qui fait un total de 497 voix. Or les 3/5 éme de 908 correspondent à 545 votes.
par candidat 007 publié dans : projet et arguments
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Mercredi 12 septembre 2007
Mardi 11 septembre, Monsieur Bayrou, président du MODEM a été auditionné par la commission
Balladur, pour exposer ses idées relatives à la révision de la constitution et à la modernisation de la vie politique. voir le compte rendu sur   http://fr.news.yahoo.com/afp/20070911/tpl-politique-institutions-partis-modem-ee974b3_1.html .

Ainsi donc Monsieur Bayrou n’a pas jugé utile de parler du mandat unique des députés. Pourtant cette promesse était martelée durant sa campagne présidentielle, et elle est rappelée d’ailleurs sur le site du Modem. voir ci dessous

Voilà ce que déclare Monsieur Bayrou au sujet de Cumul des mandats sur le site du Modem ;  http://www.bayrou.fr/propositions/cumul-mandats.html 

"Rendre à l’Assemblée nationale son rôle et sa responsabilité, cela passe, selon François Bayrou, par l’interdiction du cumul pour les députés.« Je veux restaurer dans notre pays la démocratie de représentation. Cela signifie que le Parlement soit respecté et fasse son travail, que les parlementaires participent aux débats du Parlement.Nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! Nous ne pouvons plus continuer à délibérer avec 1 ou 2 % de la représentation nationale. La République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés. Et les députés doivent en avoir les moyens, en termes de statut et de collaborateurs - ce qui impose qu’il y ait moins de députés."


C'est quand même le moment où jamais de mener une action concertée sur cette affaire du cumul des mandats des parlementaires. 

Nous avons jusqu'au mois de janvier 2008, pour ne pas laisser cette occasion.

par candidat 007 publié dans : cumul des mandats
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Vendredi 7 septembre 2007
Lors d’une conférence de presse du jeudi 6 Septembre 2007, Monsieur Balladur a fait le point sur les travaux de la commission sur la réforme des institutions.
Mise en place par le président Sarkosy, elle doit achever ses travaux le 31 Octobre 2007, en vue d’une adoption de la réforme par le Parlement réuni en Congrès à Versailles vers la fin janvier 2008. Du 11 au 26 septembre, les 13 "sages" de « la commission Balladur »  entendront les leaders des partis représentés à l'Assemblée nationale, au Sénat ou au Parlement européen. François Bayrou (MoDem) sera reçu mardi, Jean-Marie Le Pen mercredi, Marie-George Buffet (PCF) et Cécile Duflot (Verts) le 18 septembre, Patrick Devedjian (UMP) et François Hollande (PS) le 19 septembre, et Hervé Morin le 25 septembre (Nouveau centre).  
 
Pour être votée, la réforme des institutions devra être approuvée par les trois cinquièmes des députés et sénateurs réunis en Congrès. Un seuil que l'UMP et son allié du Nouveau centre ne peuvent atteindre sans l'appoint des parlementaires du PS.
   
Le parti socialiste est donc maître du jeu, d’autant que la constitution de ce comité constitutionnel présidé par Monsieur Balladur comprend des personnalités dites « de gauche ». Bien évidemment sur de nombreux chantiers ( présidentialisme- parlementarisme, dose de proportionnelle, réforme du sénat, pouvoirs du président, du parlement, etc..) les clivages entre les parlementaires ne suivent pas obligatoirement ceux des partis. Cependant il est une réforme constitutionnelle dont la gauche pourrait se saisir avec efficacité, si tant est que le courage politique, le respect des engagements, demeurent parmi ses valeurs démocratiques; il s'agit de la question du non cumul des mandats pour les députés voire pour les parlementaires.
 
En effet, La rénovation démocratique a été de tous les programmes des candidats à la présidentielle porteurs d’une nouvelle république. En particulier, le projet PS 2007, le programme de Mme Ségolène Royal, le rapport du sénateur socialiste Bel, le projet du Mouvement des Jeunes socialistes, sans parler du projet de la Convention pour une Sixième République, ont tous mis l’accent sur la nécessité de traiter radicalement de la question du non cumul des mandats. Sans revenir sur les arguments de certains constitutionnalistes qui considèrent comme Monsieur Guy Carcassonnedans un article du 17 janvier 2007 intitulé « Comment mettre fin au cumul des mandats » que « La suppression du cumul pour les députés n’est pas une réforme parmi les autres. En l’état de nos institutions, elle est la mère de toutes les autres » , ou comme Monsieur  Dominique Rousseau, professeur de droit constitutionnel à Montpellier, et membre de l'Institut Universitaire de France, aux questions des Libénautes sur la possible réforme de la Constitution. LIBERATION.FR: mercredi 4 juillet 2007, qui déclarait que «La vraie réforme serait d'interdire le cumul des mandats», 
 
Il sera donc intéressant de constater si les députés socialistes ou personnalité politiques du PS, dont plusieurs ont signé une pétition en 1997, intitulée « Un seul mandat pour chaque élu » dont l'original de ce document se trouve dans le Nouvel Observateur numéro 1691 - du 3 au 9 avril 1997, page 55, vont saisir l’opportunité ouverte par la commission Balladur sur la révision et la modernisation institutionnelle pour faire passer cette revendication.
 
Une telle revendication pourrait d’ailleurs être soutenue par de nombreux élus et pas seulement de gauche. Ainsi, je rappelle qu’une proposition N° 3108 de Loi Organique, relative au mandat de député, déposée par Monsieur Blanc, en mai 2006, sur le bureau de l’assemblée existe et est ainsi rédigée.

Article 1er   Après l’article L.O. 128 du code électoral, il est inséré un article L.O. 128-1 ainsi rédigé :  « Art. L.O. 128-1. – Sont inéligibles les personnes qui ont exercé deux mandats successifs de député. »
Article 2 L’article L.O. 141 du code électoral est ainsi rédigé :
« Art. L. O. 141.
Le mandat de député est incompatible avec l’exercice d’un des mandats énumérés ci-après : conseiller régional, conseiller à l’assemblée de Corse, conseiller général, conseiller municipal..».
 

Le Parti Socialiste saisira t’il l’opportunité qui lui est ainsi donnée d’emporter la décision sur la question du cumul des mandats et de prouver ainsi à ses électeurs, que le combat pour la démocratie est un de ses combats essentiels.
Pour de nombreux citoyens, c’est la crédibilité du Parti, de ses élus, de son organiation et de sa refondation qui est en jeu.


Quant à nous , nous avons a saisir toutes les opportunités d'interventions ( presse, mailing aux députés, mailing aux membres de la commission , buzz internet ) pour populariser cette revendication d'ici à la fin janvier 2008.

Notre proposition pourrait être celle-ci pour les mandats de parlementaires.


Des mandats parlementaires

-  Article 1) Nul ne peut être élu plus de deux fois à un mandat de parlementaire

-  Article 2) les mandats de député, de sénateur et de député européen, ne peuvent se cumuler qu'avec le mandat de conseiller municipal, à l'exclusion de toutes autres fonctions dans une institution ou organisme, public ou para-public assurant une mission de service public.



Pour voir les articles cités en références  voir ;  http://constitution.vosforums.com/index.php

le site du Comité constitutionnel ; http://comite-constitutionnel.fr 
par candidat 007 publié dans : cumul des mandats
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Samedi 21 juillet 2007

Nicolas Sarkosi, Président de la république, vient d'installer un COMITE DE REFLEXION ET DE PROPOSITION SUR LA MODERNISATION DES INSTITUTIONS.  Ce comité devra rendre ses conclusions au mois de novembre 2007. 

C'est donc un moment important de la vie démocratique de notre pays.  Il faut rappeler que le thème de la rénovation démocratique était présent dans tous les programmes des présidentiables et 9 postulants sur 12 souhaitaient l'instauration d'une VI éme république.  Une grand majorité prévoyait  soit la convocation d'une constituante, soit l'adoption des réformes par référendum . Nous y reviendrons 

Mais dès à présent, tous ceux qui souhaitent une rénovation profonde de la vie politique doivent s'investir dans ce combat.  

Dans ce premier article, alors que le comité de réflexion, vient d'être installé sous la présidence d'Edouard Balladur, et avant de réflechir à des actions citoyennes,  Il est bon de garder en mémoire et à disposition, les textes qui correspondent à la feuille de route de cette modernisation démocratique. LES VOICI DONC.


Allocution de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République, lors de l'installation du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République.

Palais de l'Élysée, Paris, le mercredi 18 juillet 2007
Messieurs les Premiers ministres,
Messieurs les ministres,
Mesdames et Messieurs,
 
Il n'est jamais facile pour des institutions en place, et encore moins pour les hommes et les femmes qui les incarnent, de s'interroger en conscience sur les faiblesses de leur organisation et de leur fonctionnement. Dans l'histoire de nos institutions, la remise en cause est venue le plus souvent du fait de circonstances extérieures. Ce fut le cas notamment de la Troisième et de la Quatrième Républiques. Ces remises en cause furent précédées d'un affaiblissement profond de l'Etat et de la France, tant il est vrai que, dans notre pays, l'un va toujours avec l'autre. Elles provoquèrent des drames qui auraient pu être évités si les hommes qui conduisaient alors les institutions avaient eu la clairvoyance et le courage de changer d'eux-mêmes un système institutionnel qui les menait à leur perte.

Bien sûr, et fort heureusement, notre pays n'est pas aujourd'hui au bord d'un gouffre institutionnel. Le Président de la République, le Premier ministre, le gouvernement, avec la majorité présidentielle dont ils disposent au Parlement, ont les moyens d'entreprendre les réformes attendues des Français. Ferme et souple à la fois, la Constitution de la Cinquième République a des qualités qui ont permis à notre pays de traverser bien des crises. Elle respecte les principes de la démocratie et les principes de l'Etat de droit. Elle est fondée sur le régime de l'équilibre et de la séparation des pouvoirs tout en donnant au pouvoir exécutif et au pouvoir législatif les moyens de coopérer pour diriger la Nation.

Pour autant, tout en reconnaissant à la Constitution voulue par le général de Gaulle ses mérites incomparables, c'est aussi le rôle de ceux auxquels le peuple a confié son destin, que de s'interroger sur la responsabilité de notre système institutionnel dans le développement de l'impuissance publique, dans le discrédit de l'action politique, dans les difficultés de l'Etat à se réformer, et dans la déresponsabilisation d'une partie des élites.

C'est le rôle des institutions de savoir s'adapter et se moderniser pour relever les défis du temps présent.

Les Français sont attachés à la Cinquième République, à son parlementarisme rationalisé, à son Président élu au suffrage universel direct. Ils savent les périls dont elle les a sauvés. Mais ils veulent aussi de profonds changements dans la façon de faire de la politique, et donc dans le fonctionnement des institutions : plus de transparence, plus de responsabilité, plus de modernité, plus de démocratie.

Ils veulent que l'autorité de l'Etat soit respectée. Ils veulent que les élus s'intéressent à leurs problèmes. Ils attendent des responsables publics qu'ils servent l'intérêt général, pas les intérêts particuliers. Ils aspirent au fond à une démocratie irréprochable, à une République exemplaire.

Loin de remettre en cause la pensée du fondateur de la Cinquième République, c'est au contraire lui être profondément fidèle que de réfléchir aux forces et aux faiblesses de nos institutions pour le monde d'aujourd'hui. Et ce serait, à l'inverse, lui être profondément infidèle que de ne pas le faire.

Le Général de Gaulle lui-même, soucieux de préparer l'avenir de la France pour les temps où il ne serait plus là, fit modifier en 1962 la Constitution et tenta également de le faire en 1969. Suivre son exemple, c'est autant se tourner vers l'ordre que vers le mouvement. (Pour rappel, De Gaulle avait en 1962 et 1969 choisit la voie référendaire pour modifier la consitution) 

C'est la raison pour laquelle, j'ai souhaité vous confier, Monsieur le Premier ministre, la présidence d'un comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage de nos institutions.

Beaucoup de raisons sont à l'origine de ce choix. Vous êtes un homme d'expérience et un homme d'Etat. Vous n'attendez plus rien pour vous-même de la vie publique et politique, sinon peut-être de servir encore votre pays avec le plus haut degré possible d'engagement et de désintéressement, comme vous le fîtes en vérité tout au long de votre carrière. Personne ne peut douter un instant de votre attachement profond à la Cinquième République aux destinées de laquelle vous avez veillé dans les postes les plus éminents.

Et en même temps, vous êtes un réformateur, un esprit profondément moderne, convaincu de la nécessité de faire évoluer nos institutions avant que le cours de l'histoire ne vienne à s'en charger lui-même. Nul ne peut contester que vous aurez à cœur de réfléchir à la modernisation et au rééquilibrage de nos institutions avec le seul désir de servir au mieux les intérêts de l'Etat et de la France.

Je vous remercie d'avoir accepté la lourde tâche de présider ce comité de révision constitutionnelle ; de même que je remercie tous ceux qui ont bien voulu vous rejoindre, en acceptant ce faisant, au nom des intérêts de notre pays et de notre République, de transcender tous les clivages et bien des préjugés.

Réformer la Constitution est une affaire sérieuse. C'est une affaire qui engage l'avenir au-delà d'un quinquennat. La majorité présidentielle aujourd'hui au pouvoir doit se sentir investie, dans cette tâche, du sort de tous les Français ; mais l'opposition également.

Je me félicite donc que des hommes et des femmes d'expérience, aux profils diversifiés, qui ont servi l'Etat, analysé et enseigné le droit, analysé et interprété la société, participent à cette entreprise, quelles que soient par ailleurs leurs idées politiques dès lors qu'elles sont républicaines. Cette diversité est en réalité une condition de la réussite de votre mission. Je note que c'est sans difficulté, Monsieur le Premier ministre, que nous nous sommes mis d'accord tous les deux sur la composition du comité et que chacun des membres pressentis a accepté notre proposition avec enthousiasme et sens du bien commun.

Dans quelles directions doivent évoluer nos institutions ?

Vous devrez d'abord vous interroger sereinement sur la question de la présidentialisation du régime.

Cette question est inévitable : la présidentialisation est une réalité. Elle est le résultat de l'élection au suffrage universel direct du Président, du quinquennat et de l'inversion du calendrier électoral. L'une des missions clé de votre comité est précisément la mise en cohérence de 20 années de réformes successives de nos institutions.

Bien sûr, le comité ne pourra pas ne pas se pencher sur l'articulation des pouvoirs entre le Président de la République et le Premier ministre ; mais cette question n'est pas dissociable de celle de l'articulation des responsabilités. Car, si le Président exerce une prééminence de fait au sein de l'exécutif, seul le gouvernement est responsable devant le Parlement.

C'est pourquoi, quelle que soit la réponse que le comité donnera à la question de la nature profonde du régime, l'important est que la réforme que vous proposerez conduise à plus de responsabilité dans l'exercice de l'action publique. Si la responsabilité du Premier ministre devant l'Assemblée nationale devait être maintenue, elle devrait être assumée pour ce qu'elle est : un mécanisme respectueux de notre tradition parlementaire. Elle ne saurait dédouaner le Président des responsabilités politiques qu'il a devant le peuple et devant le pays.

Aussi, le plus essentiel à mes yeux est-il d'abord que les pouvoirs du Président de la République s'exercent dans la transparence et qu'ils soient encadrés par de réels contrepouvoirs, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

J'attends donc du comité, d'un côté, qu'il réfléchisse aux conditions dans lesquelles le Président pourrait venir expliquer lui-même sa politique devant le Parlement. J'attends qu'il me fasse également des propositions sur la transparence et le contrôle des comptes de la Présidence de la République : la Présidence de la République doit avoir les moyens de fonctionner tout en soumettant ses comptes à un contrôle extérieur.

Mais je souhaite aussi que le comité fasse des propositions sur la limitation du nombre des mandats du Président de la République et sur l'encadrement de son pouvoir de nomination par un système d'auditons publiques et de droit de véto du Parlement. Une République exemplaire, c'est une République où les plus hautes responsabilités sont conférées en fonction de la compétence, du mérite, de la hauteur de vue, et, par-dessus tout, du sens de l'Etat et du bien public.

Plus fondamentalement encore, le rééquilibrage de nos institutions suppose un renforcement très significatif des pouvoirs du Parlement. Cela fait des années qu'on en parle, le temps est venu de le faire. Le sujet est doublement important : à la fois pour créer un réel contrepouvoir au pouvoir de l'exécutif, et pour faire émerger, dans les rangs des parlementaires, l'élite politique capable de gouverner et de veiller à la modernisation du pays.

Je souhaite donc que le comité me fasse des propositions sur la fixation de l'ordre du jour, sur le nombre des commissions permanentes, sur la création d'un organisme d'audit et de contrôle, sur l'association du Parlement à la détermination de notre politique internationale, européenne et de défense, sur la revalorisation de la fonction parlementaire en lui donnant plus de moyens, plus de responsabilités, mais aussi plus d'obligations. La procédure parlementaire d'élaboration des lois devra être plus efficace, en échange de quoi la procédure de l'article 49.3 et le vote bloqué pourraient être éventuellement mieux encadrés. Les ministres et les secrétaires d'Etat devraient pouvoir retrouver leur siège de parlementaire lorsqu'ils quittent leurs fonctions gouvernementales. Cela permettrait d'avoir plus de renouvellement dans la composition des gouvernements.

La deuxième piste d'évolution de notre démocratie est à rechercher, me semble-t-il, dans la vitalité du débat politique.

Je veux dire les choses très simplement : ce qui a manqué, ces dernières années, à la vie politique française, ce qui explique le discrédit qui l'a progressivement gagnée, c'est l'absence de débat d'idées. Je suis pour que le débat des idées politiques en France soit plus riche, plus vigoureux, parce que la politique est ce qui fait vivre le peuple ensemble, parce que la politique est ce qui construit la Nation.

Cela suppose des partis politiques qui ont les moyens de fonctionner – j'ai toujours trouvé absurde la solution qui consiste à donner moins d'argent public au parti qui a perdu les élections.

Cela suppose ensuite et surtout de doter l'opposition d'un statut qui lui garantisse les moyens politiques, juridiques et financiers de pouvoir se conduire comme un contrepouvoir réel face à la majorité. Ce statut devra comprendre notamment des droits d'information, des droits protocolaires, le droit de créer une commission d'enquête. De même, que ce que nous avons fait librement, laisser la présidence de la commission des finances à l'opposition, devra être prévu dans le statut de l'opposition, car c'est une garantie d'une démocratie irréprochable.

Je suis convaincu que le statut de l'opposition sera un grand progrès pour l'exemplarité de notre République.

Depuis trop d'années, Mesdames et Messieurs, nous nous satisfaisons d'une justice qui a beaucoup plus de pouvoirs que le titre VIII de la Constitution ne lui en reconnaît, sans être pour autant, d'un côté, réellement indépendante, de l'autre, pleinement responsable. Cette question déborde le champ de la seule Constitution, mais c'est la Constitution qui fixe les principes de notre justice et nul ne peut contester que sans justice impartiale, il n'y a pas de République exemplaire.

Je veux aborder cette question sans blesser personne – l'immense majorité des magistrats fait son travail honnêtement – mais aussi sans faux semblant. Si ce n'est pas maintenant que nous en parlons, au début d'un nouveau quinquennat, au seuil d'une réflexion dont nous voulons qu'elle nous conduise à une démocratie irréprochable, quand pourrons-nous en parler ?

Depuis cinquante ans, la justice a beaucoup changé. Pour autant, les Français ont-ils le sentiment que la justice est indépendante ? La réponse est non. Ont-ils le sentiment qu'elle protège les innocents ? La réponse est non. Ont-ils le sentiment que, rendue en leur nom, elle est vraiment à leur écoute ? La réponse est encore non.

Une démocratie irréprochable, c'est une démocratie où une dénonciation anonyme est une dénonciation inexistante. Notre droit doit le prévoir. Une démocratie irréprochable, c'est une démocratie où le droit de faire grâce n'appartient pas à un homme seul. Le droit de grâce doit être réformé. Une démocratie irréprochable, c'est une démocratie où aucune considération autre que judiciaire n'intervient dans le déroulement des poursuites pénales. Je souhaite que le comité me fasse des propositions pour concilier cette garantie, qui est un droit élémentaire des justiciables, avec le devoir pour le gouvernement d'avoir une politique pénale. Une démocratie irréprochable, c'est enfin une démocratie où le Conseil supérieur de la magistrature assure ses missions en toute indépendance du pouvoir politique, mais sous le contrôle du peuple français. C'est pourquoi je souhaite que le comité me fasse des propositions sur la composition du Conseil supérieur de la magistrature.

Enfin, Mesdames et Messieurs, une démocratie irréprochable, c'est une démocratie qui progresse sans cesse dans le sens d'un renforcement des pouvoirs et des libertés conférés aux citoyens.

Votre comité devra s'interroger sur la capacité de nos institutions à refléter la diversité des préoccupations et des opinions des Français. Je souhaite que le Conseil économique et social soit modernisé, notamment pour prendre en compte la dimension écologique de notre développement économique. Je souhaite que le comité s'interroge sur l'opportunité d'un droit d'initiative populaire en matière législative. Je souhaite qu'il me fasse des propositions sur l'introduction d'une dose de représentation proportionnelle au niveau national aux élections sénatoriales ou législatives.

Il existe un débat sur l'avenir du Conseil constitutionnel : d'une part, sur la possibilité pour les citoyens de le saisir de la constitutionnalité des lois existantes, d'autre part, sur les conditions dans lesquelles ses membres sont désignés. Ces deux questions sont d'ailleurs en partie liées. Il appartiendra au comité de me faire ses recommandations sur ce sujet, sur lequel je suis pour ma part et en toute bonne foi hésitant.

Il en est de même s'agissant de l'article 16 de la Constitution, dont il n'est pas absurde de se demander s'il offre aujourd'hui des garanties suffisantes au regard de l'évolution des mœurs et du droit pour être réellement utilisable en cas de nécessité.

Enfin, à l'image de la Constitution allemande ou des principes fondamentaux qui régissent l'Union européenne, je considère que la sécurité juridique est devenue une liberté fondamentale. Nos concitoyens ont le droit d'être protégés contre les changements intempestifs de législation dans leur vie quotidienne, qu'il s'agisse de leurs choix patrimoniaux, familiaux, professionnels. J'attends du comité qu'il nous fasse des propositions efficaces pour un droit moins bavard, plus sûr, plus efficace, fondamentalement mieux respecté, le droit, en somme, d'une République exemplaire.

Telles sont les principales pistes de réflexion que j'ai souhaité, Monsieur le Premier ministre, Madame, Messieurs, confier à votre comité. Il en existe d'autres encore comme la question de la fixation – dans une loi organique – de la structure du gouvernement, ou l'obligation pour nos finances publiques de respecter une règle d'or et un taux maximum de prélèvements obligatoires. Préserver l'avenir des générations futures est assurément le rôle d'une République exemplaire.

Je souhaite naturellement que le comité se sente par ailleurs libre de nous faire toute autre recommandation utile.

S'agissant de la méthode, vous souhaitez, Monsieur le Premier ministre, que les débats qui auront nécessairement lieu au sein du comité demeurent confidentiels, charge à chacun des membres, au moment de la remise publique du rapport, de faire connaître son éventuelle opinion dissidente. Votre idée, et je la partage, est que le comité puisse dégager sereinement un noyau de propositions consensuelles et que chacun se sente libre, par ailleurs, de formuler d'autres propositions qui pourraient ne pas avoir l'assentiment de tous. Je suis favorable à cette façon de faire et je remercie chacun d'entre vous de respecter cette règle.

Elle ne me paraît pas incompatible, bien au contraire, avec le projet de donner par ailleurs une large publicité à l'avancement de vos travaux, aux auditions auxquelles vous procéderez, et de permettre à tous ceux qui le souhaitent, grâce aux moyens de communication moderne, de faire connaître leur opinion. Je partage là aussi pleinement cette ambition qui va dans le sens d'une démocratie plus transparente et plus ouverte. 


Conférence de presse conjointe de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, et de M. Edouard BALLADUR, ancien Premier ministre, lors de l'installation du comité de réflexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la Vème République.

 

Palais de l'Élysée, Paris, le mercredi 19 juillet 2007 M. EDOUARD BALLADUR – Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président, je tiens à vous remercier, comme je l'ai dit tout à l'heure au nom de tous les membres du comité, d'avoir bien voulu nous donner votre confiance pour étudier un problème extrêmement important, celui du fonctionnement de nos institutions, qui ont assuré à la France la solidité du pouvoir pendant un demi-siècle, mais qui doivent nécessairement être adaptées aux évolutions actuelles. 

Vous nous avez demandé d'étudier un très grand nombre de sujets. Nous allons bien entendu le faire, avec un esprit de liberté que vous nous avez également incité à prendre et à exercer. Liberté qui se manifestera d'abord dans les propositions que nous ferons, et ensuite peut-être dans d'autres propositions qui au fil de nos réflexions pourraient nous apparaître indispensables. 

Nous allons nous mettre au travail maintenant, et j'espère que nous serons en mesure de respecter le terme que vous nous avez fixé, c'est-à-dire à la fin du mois d'octobre pour présenter un rapport qui évoquerait un certain nombre de modifications, constitutionnelles et la modification d'un certain nombre de textes qui ne sont pas des textes constitutionnels et qu'il faudra modifier. Je sais par exemple que vous voulez, nous consulter sur le mode de scrutin. Sujet difficile et j'allais presque dire périlleux. Nous le ferons bien entendu. Voilà, Monsieur le Président, je n'ai pas grand-chose d'autre à ajouter sinon que nous sommes tous très sensibles à la confiance que vous nous faites et que nous aurons à cœur de répondre à votre attente. 

LE PRESIDENT - Merci, Monsieur le Premier ministre, Monsieur le Président le texte que j'ai donné devant le comité est à la disposition des journalistes. Je voudrais dire à ceux qui s'étonneraient de la diversité de la composition du comité, que la Constitution c'est l'affaire de tous les Français mais pas de la majorité contre la minorité. Donc, cela aurait été curieux d'avoir un comité composé de gens pensant la même chose sur tous les sujets. La Constitution, c'est l'affaire de tout le monde.

par candidat 007 publié dans : archives
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